Recoller un culot Répare un fil rompu Identifier un tube inconnu.
Le mal débute par un léger décollement, permettant tout au plus, une petite
rotation de l'ampoule dans son culot, mais la dissociation n'en a pas moins commencé et si la lampe est souvent retirée de
son support au cours d'expériences la séparation s’accentuera, l'ampoule ne
tenant plus que par ses fils de sortie,
lesquels finiront par se rompre et c’est alors le ‘’divorce’’ entre l’ampoule
et son culot.
Peut-être nous objectera-t-on que la coupure d'un seul fil doit entraîner
l'arrêt de toute possibilité de fonctionnement de la lampe !... En réalité, il
n'est pas forcé qu'il en soit ainsi. Examinons en effet, la figure 1 .et nous
verrons que le fil venant de l'ampoule n'est soudé à la broche qu’à l'extrémité
de celle ci. Or, la rupture sous l'effet de la traction se produit en général,
au niveau de la soudure et le fil reste alors flottant à l'intérieur de la
broche réalisant avec les parois de
celle-ci, un contact plus ou moins précaire.
A ce stade, le récepteur manifeste des crachements aux chocs ou aux
trépidations. Si cette rupture a eu lieu sur une connexion aboutissant au
filament, Il arrive encore que la lampe s'éteigne et se rallume à un rythme Irrégulier. Parfois les contacts restent assez
bons pour ne provoquer aucune manifestation susceptible de donner l'éveil, et
deux fils ou trois fils, peuvent se rompre successivement!
Premiers soins
Quand on sent un léger mouvement de l'ampoule dans son
culot, Il est sage de ne
pas attendre. Prenant un tube de colle cellulosique, on
en Introduira autant que cela sera possible, entre l'ampoule et le culot. Le
tout pourra être mis à sécher, durant quelques heures. Sous une légère
pression: pour cela on choisira une boite en bois dont l'une des dimensions est
un peu supérieure à. la hauteur de la lampe, ce qui permettra d'y coincer cette
dernière grâce à quelques cales.
Si nul souci de présentation ne nous arrête, nous
pourrons compléter le traitement en ceinturant la jonction ampoule- culot, à
l'aide de deux ou trois tours de bande adhésive (du genre sparadrap pour
pansements).
Cependant, si la lampe appartient à une série dont le verre est revêtu
d'une peinture) métallique, il nous faudra veiller à garder soigneusement
assurée la liaison entre cette
métallisation et le contact correspondant du culot. SI le décollage de l'ampoule
n'est pas très avancé, une première
ressource consistera en une réparation à l’aide de peinture aluminium (en guise de colle).
Cette peinture est celle que l'on emploie pour les tuyaux de poêle et l'on
pourra en laisser épaissir, quelques gouttes, à l'air, avant de procéder à
cette opération elle est normalement conductrice.
Quand le mal est plus grave on peut refaire un collage
à la colle cellulosique après avoir déroulé le fil du contact de masse, à la
base de l'ampoule. Après séchage, on
ceinturera cette dernière d'une bande de papier métallique mince (papier à chocolat,
ou papier d'étain récupéré en déroulant un condensateur claqué) avant de
remettre en place le fil de masse.
Chirurgie.
Nous pouvons avoir quelques soupçons, ou même la quasi
certitude d'une rupture d'un fil dans une broche, mais il arrive que l'ampoule,
bien que descellée. Reste retenue dans le culot par une sorte de bourrelet
circulaire de sa base, précisément formé pour une meilleure fixation, Dans ce
Cas voici la méthode que nous allons employer. Nous prendrons une mèche américaine d'environ 8 mm de diamètre et nous la
serrerons dans le mandrin d'une perceuse; nous enfilerons sur la mèche, un tube
quelconque, allant s'appuyer sur le mandrin et ne laissant apparaître que 4 mm
environ, de l'extrémité du foret (fig. 2) ; ainsi, cela nous évitera tout
risque d'une pénétration brutale dans le culot, avec bris du ‘’queusot’’ de
l'ampoule. Ayant Immobilisé la lampe, nous percerons ainsi, sans danger, autant
de trous qu'Il sera nécessaire, tout autour du culot (fig. 3). A l'aide d'un
petit crochet métallique, Il nous sera facile, ensuite, d'exercer une traction
sur chacun des fils et si l'un d'entre eux est rompu, nous pourrons le
sortir par l’ouverture la plus proche, souder avec lui un fil fin et tirer le
tout par l’extrémité de la broche (préalablement débarrassée de l’étain qui
l’obstruait), pour y refaire une nouvelle soudure
Quand l’ampoule est séparée du culot.
Tout l’essentiel du problème consiste alors dans le repérage correct
des fils sortant de l’ampoule.
Nous remarquerons au passage, que la méthode employée peut encore
rendre d’intéressants services, lorsque l’on se trouve en présence de lampes de
types Inconnus, dont on ignore tout de la correspondance entre les électrodes
et les contacts du culot.
IL faudra tout d'abord se munir
d'un ohmmètre à pile, dont on repèrera la polarité des cordons de branchement,
ou bien encore d'une simple sonnette. à pile et milliampèremètre (fig. 4), dans laquelle une
résistance R (déterminée par la plus él6mentalre application de la 101
d'Ohm...), laissera l'aiguille de l'Instrument atteindre le maximum de sa
graduation lorsque l'on court-circuitera les bornes de l'appareil.
Le sondage des sorties de la lampe, deux par deux, nous permettra de retrouver son filament, sans aucun doute
possible (à condition, bien entendu, que ce dernier ne soit pas coupé dans
l'ampoule).
Supposons tout d'abord que la tension de chauffage est connue. Nous
brancherons donc les deux sorties filament sur une source convenable et, à
l'aide de l'ohmmètre à plie ou de la sonnette. de la
figure" 4 nous reprendrons l'exploration des autres sorties deux à deux,
en prenant soins de renouveler chaque essai en inversant les fils de
l’ohmmètre.
Ce dernier déviera seulement dans les cas suivants :
- a) entre grille g1 et cathode.
-b) entre plaques diodes et cathode
(si la lampe en comporte), à la condition complémentaire que la cathode soit
reliée au pôle négatif de l’ohmmètre et g1, ou les diodes au pôle positif.
De cela il résulte déjà un repérage certain de la cathode. Nous verrons
plus loin comment lever tout doute éventuel entre la grille g1 et les plaques
diodes.
Nous prendrons maintenant une source de HT (de 50 à 100 volts pour ne
pas risquer d’appliquer à l’écran de la plaque une tension supérieure à celle
qui lui est normale). Le pôle négatif de cette source sera connecté à la
cathode de la lampe et à son pôle positif, nous relierons un milliampèremètre,
ou mieux, un contrôleur à plusieurs sensibilité (prendre 30à75 mA par exemple pour commencer).
Ayant préalablement relié à la cathode les électrodes présumées g1 et
diodes, nous explorerons les autres sorties à l’aide du fil libre venant du
radio contrôleur. L’appareil ne déviera que pour l’électrode faisant suite à g1
à l’intérieur de la lampe, soit g2 c'est-à-dire l’écran dans le cas d’une
penthode.
Ce résultat étant acquis, l’on appliquera directement à cette électrode
la HT provenant de la source 50-100 volts et le contrôleur restant toujours
branché au +HT son fil libre sera mis en contact avec les sorties restant à
identifier.
Dans le cas d'une lampe penthode, nous trouverons alors deux déviations
inégales do l'appareil de mesure, la plus faible correspondant à la grille 1;
(si celle-ci possède une sortie séparée) et la pIus
forte à la plaque.
Laissant subsister le branchement à cette dernière, nous déconnecterons
successivement les éléments présumés grille g1 et diodes, de la cathode et nous
appliquerons successivement entre cette dernière et chacun d'eux, une tension
de quelques volts, prélevée sur une pile de lampe de poche, par exemple, dont
on aura soin de relier le pôle positif à la cathode. Le courant anodique restera
immuable s'il s'agit de diodes, mais. Il baissera quand on aura affaire à la
grille g1
Comme nos lecteurs peuvent le voir, cette méthode est simple et permet
même de résoudre des problèmes plus compliqués (cas des lampes doubles, par
exemple).
Il nous reste encore à envisager le cas d'une lampe « d'espèce inconnue
», dont on ignore jusqu'à la tension de chauffage.
SI l'on peut apercevoir un petit bout de son filament. Il sera déjà
possible d'en comparer la teinte (à chaud), avec celle d'une partie visible du filament
d'une lampe connue.
Cependant, lorsque nous serons parvenus au cours des essais, au stade
des branchements montrés par la figure 5, Il nous sera facile d'appliquer au filament
diverses tensions de chauffage en relevant à chaque fois l'Intensité au circuit
anodique de la lampe et de tracer une courbe telle que celle de la figure 6 (relevée
sur une lampe EF9). On voit Ici, que l'intensité plaque (fonction elle-même de
l'émission électronique de la cathode), cesse pratiquement de croître dès que
l'on atteint la tension de chauffage normale de 6,3 volts.
Tous les problèmes nous semblent ainsi résolus (ou faciles à déduire de
ces indications, dans certains cas particuliers). Et si l'ampoule est séparée
du culot, nous souderons à chacun de ses fils, un prolongement en fil fin,
d’une dizaine de centimètre de long, ce qui nous permettra de le tirer
facilement au travers des broches, au cours de la réparation.
Conclusion.
Peut être ces renseignements donneront-ils la possibilité à certain de
rendre la vie à quelques lampes. En effet, il est parmi ces dernières, d’anciens modèles dont la rareté
justifie toute peine prise en ce genre de réparations.
G. CHARLES (toute la Radio)
Remarque : Il
est bien entendu qu’il y a lieu d’adapter ces procédés et produits employés
avec ceux dont nous disposons actuellement en remplaçant par exemple la colle
cellulosique pour une colle cyanite.
